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L'histoire d'un
succès : les 10 ans du programme suisse de
désendettement
Il y a 10 ans, en 1991, l'Action de
Carême et Pain pour le prochain prenaient une part active au
succès de la pétition " Le désendettement : une question
de survie ". Une façon de travailler sur les conditions cadres qui font
obstacle à un développement durable. L'initiative pour un droit
international d'insolvabilité de l'an dernier allait dans le même
sens.
La pétition a recueilli
250.000 signatures. La Confédération a céé un fonds
Fr. 500 millions pour aider au désendettement des pays les plus pauvres.
Ce fonds devait principalement servir à la réduction de la dette
publique des pays endettés : dettes bilatérales d'Etat à
Etat, dettes envers les créanciers multilatéraux (FMI, Banque
Mondiale, banques de développement régionales etc.).
Un désendettement
créatif
En renonçant à ses
créances, la Suisse ne signait pas un chèque en blanc au profit
des gouvernements des pays débiteurs. Ceux-ci s'engageaient à
créer sur place, en monnaie locale, un " fonds de contrepartie " dans
lequel était versé un pourcentage de la dette qui leur
était remise. Ce fonds de contrepartie, demandé par les
organisations d'entraide, devait servir à financer des programmes de
développement et de protection de l'environnement au profit des
populations. Un bureau, créé par la Communauté de Travail
(Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas),
recevait de la Confédération le mandat d'accompagner, de
conseiller et d'appuyer les activités du " fonds de contrepartie ".
Etat actuel du programme
A la fin de l'année 2000, 12
pays parmi les plus pauvres bénéficiaient d'un fonds de
contrepartie et Fr. 1,1 milliard de dettes ont pu être effacées en
faveur de ces pays. Le montant versé en monnaie locale dans les fonds de
contrepartie par les Etats concernés atteignait Fr. 270 millions (25% de
la dette remise), soit l'équivalent cumulé de 7 collectes
annuelles de l'Action de Carême et de Pain pour le prochain.
Neuf autres pays ne remplissent pas
encore les conditions politiques et économiques pour mettre sur pied un
fonds de contrepartie. Ce sont, par exemple, des pays en guerre ou connaissant
un vide politique. La Communauté de Travail et la
Confédération étudient actuellement des voies alternatives
pour que les populations concernées puissent quand même
bénéficier de ces facilités.
Charles Ridoré
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