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Eglises et jurys de festivals – les origines

La présence de jurys au sein de festivals, mise en place par l’organisation internationale de communication catholique, SIGNIS, et l’organisation protestante internationale du cinéma, INTERFILM, a son histoire propre. Alors que SIGNIS (ou plutôt, à l’époque, OCIC) était présent déjà en 1948 à Venise et depuis 1952 aussi à Cannes, ce n’est qu’en 1969 qu’INTERFILM, fondé en 1955, a organisé son premier jury à Cannes. Parallèlement, les deux organisations se sont établies au début des années 1960 avec des jurys dans les festivals de Berlin, Mannheim et Oberhausen. Dans ce contexte, INTERFILM a été présent à Locarno dès 1965 avec son propre jury. Cependant, au vu de la politique du festival de cette époque, il n’était pas possible à ce moment-là de poursuivre cet engagement.

Entretemps, des réunions communes des deux organisations internationales OCIC et INTERFILM, en 1971 à Gwatt au lac de Thun et en 1973 à Vienne, ont permis des échanges bilatéraux qui, dans le contexte de l’effervescence œ cuménique des Eglises suisses de l’époque, amenèrent ces deux partenaires à accepter l’invitation de Moritz Hadeln, directeur du festival de Locarno depuis 1972, de créer un jury œcuménique au sein de ce festival. Il parlera lui-même, lors de la table ronde le 7 août 2012 à 14h30 au « Magnola » sur la Piazza Grande, des raisons et des intérêts de cette invitation historique.

Des pionniers: Ambros Eichenberger et Dölf Rindlisbacher

Malheureusement, les responsables de l’époque côté Eglises ne peuvent plus raconter eux-mêmes cette aventure ; en partie parce qu’ils sont décédés : Ambros Eichenberger, à l’époque chargé de mission pour le cinéma du service communication catholique, ainsi que Dölf Rindlisbacher, à l’époque chargé de mission pour le cinéma des médias réformés ; ou parce qu’ils en sont empêchés pour d’autres raisons, comme Maurice Terrail, l’ancien responsable de l’Office protestant de Cinéma à Lausanne, ainsi que Yvan Stern, l’ancien responsable de la communication de l’évêché Lausanne-Genève-Fribourg.

Locarno a inspiré Cannes et plusieurs autres festivals

Cette première expérience avec un jury œcuménique en 1973 à Locarno a amené OCIC et INTERFILM, en accord avec le directeur du festival de Cannes, à instituer un jury œ cuménique également dans cette ville en 1974. Les bonnes expériences ont conduit à la création d’autres jurys œcuméniques au cours des années qui ont suivi, y compris dans des festivals qui n’ont pas la renommée de Cannes, mais qui sont importants pour la médiatisation du cinéma d’auteur indépendant : en 1979 à Montréal, en 1990 à Leipzig, en 1994 à Karlovy Vary, en 1998 à Fribourg, en 1999 à Kiev et Cottbus, en 2000 à Zlin, en 2007 à Erevan, en 2010 à Varsovie et en dernier, en 2011, en Hongrie à Miskolc. Au festival « Visions du Réel » à Nyon, le jury œcuménique a cédé la place en 2005 à un jury interreligieux. Parallèlement, des jurys qui existaient séparément côté catholique et protestant ont fusionné en un jury œcuménique (Berlin depuis 1992, Mannheim depuis 1995, Oberhausen depuis 2000). Quelques jurys n’ont pas, pour des raisons diverses, pu durer, comme ceux de Moscou (1989-1993), Saint-Petersbourg (1994-1997) et Bratislava (2001-2009). SIGNIS et INTERFILM continuent dans certains festivals d’entretenir des jurys séparés. Dans l’ensemble, la collaboration des deux organisations en termes de présence dans les festivals et de dialogue entre Eglises et cinéma, peut être considérée comme un succès.

Les critères pour l’attribution des prix

De temps en temps, SIGNIS et INTERFILM modifient, éventuellement après en avoir débattu ensemble, les consignes pour les jurys et les critères pour leur évaluation des films et le choix du lauréat. Ces critères peuvent se résumer ainsi :

« Le jury œcuménique décerne son prix (ainsi qu’éventuellement une mention spéciale) à un film de la sélection officielle du festival à un film d’un réalisateur qui réussit à mettre en scène, avec un réel talent artistique, un comportement humain ou un témoignage en accord avec l’évangile, ou de sensibiliser le spectateur sur des valeurs spirituelles et humaines ou des questions sociales. Il porte son attention à des œuvres d’une éminente qualité artistique qui touchent aux aspects spirituels de notre existence ainsi qu’aux valeurs telles que la dignité humaine, la justice, le respect de l’environnement, la paix et la solidarité. Ces valeurs, communes à toutes les cultures, sont aussi celles de l’évangile. Dans sa décision, le jury fait preuve d’ouverture envers les différences religieuses et sociales. »

Ces critères valent pour tous les jurys organisés par des Eglises dans le monde entier. Le jury de Locarno s’en sert pour désigner le meilleur film de la sélection officielle.

Evénements au cours du festival de Locarno 2012 :

  • Samedi 04/08/2012 à 21h, la Sala : présentation du lauréat Iluminacia de Krzysztof  Zanussi, Pologne 1973 (voir aussi le programme du festival)
  • Dimanche 05/08/2012 à 11h15 : célébration œcuménique dans la « Chiesa Nuova » de Locarno
  • Dimanche 05/08/2012 à 14h30 : table ronde (présidée par Charles Martig) avec la présidente du jury de cette année, Julia Helmke, le critique de cinéma Michael Sennhauser, l’ancien directeur du festival, Moritz Hadeln et l’invité spécial, Krzysztof  Zanussi, dans le « Magnola », Spazio RSI/Piazza grande
  • Samedi 11/08/2012 dans l’après-midi : remise des prix des jurys indépendants, Spazio Cinema

Informations

Jury œcuménique Locarno : www.kirchen.ch/filmjury

Festival del film Locarno: www.pardo.ch

Photos

Réalisateur K. Zanussi sur tournage et photos du film Iluminacia

http://www.kirchen.ch/filmjury/foto

jeudi, 12 juillet 2012, 11:30