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Haïti-Interview avec Annol Phylidor
Après les élections de l’an 2000, Il y a eu quelques membres d’une organisation de Carice qui ont considéré que la division à cause de la politique ne pouvait pas continuer. Ils ont partage ce souci avec d’autres organisations et institutions, qui, malgré la division, ont accepté de proposer plusieurs personnes de différents secteurs et tendances pour créer un comité. Nous avons constitué un Comité de 7 personnes qui a acquérir la légitimité pour résoudre les conflits en dedans la communauté et pour la rassembler dans la voie du développement.

Annol Phylidor (interview de Gary Victor)

SKDK Sant pou laKilti ak Devlopman Karis - Centre pour la Culture et le développement de Carice Communauté de Carice.

DIRIGEANT

EDOUARD SEIDE

Membre du Conseil de Coordination du SKDK. Il était membre du Conseil Provisoire. Conseiller du secteur éducation.

Enseignant de profession, aujourd’hui à la retraite. Mèt Edouard est une institution à Carice. Il a été le premier directeur de l’Ecole Saint Paul, il a été professeur d’une grande partie des actuels dirigeants et dirigeantes de Carice. Il est considéré comme un Notable. Age de 66 ans, marié, 4 enfants, 4 petits enfants.

Il faut dire que Maître Edouard a eu le courage et l’engagement d’accepter la lourde responsabilité d’être membre de ce Comité provisoire.

... Il continue : C’est avec l’appui de l’Action de Carême que nous avons pu faire toute la mobilisation, formation et sensibilisation. Une grande assemblée a été faite pour restituer les résultats d’une année de travail pour résoudre les conflits. Le 17,18 et 19 Novembre 2001, dans cette assemblée réalisée en forme d’Atelier de Réflexion et Décision a décidé de créer le SKDK, Centre pour la Culture et le Développement de Carice. Toutes les couches et secteurs confondus ont défini une communauté , la communauté de Carice et nous avons vu que notre communauté va au delà des limites administratifs, une partie de la commune de Mont Organisé a revendiqué l’appartenance à la communauté de Carice et en a manifesté la volonté et la pratique. En ce moment, le projet en cours est la mise en place d’un Plan stratégique de développement à 15 ans et un plan opérationnel à trois ans.

En ce qui concerne les réussites, les acquis, l’impact du projet

A Carice, tout marche sur la bonne voie. Les gens discutent et travaillent ensemble, tout le monde participe aux activités du SKDK, le SKDK a un réseau d’Agents Facilitateurs qui marchent partout dans la communauté et font l’information et l’éducation citoyenne... Nous sommes préparés en un 75% pour le konbit du développement et nous avançons dans l’idée et la pratique que les cariciens et cariciennes sont les principaux responsables du développement. Ce qui est important dans le SKDK c’est que ce que nous disons, nous faisons, pas toujours à une vitesse de croisière, mais nous avons un local plein d’activités de formation, de loisir, culturelles, de cercles de discussion et d’épanouissement, nous travaillons pour le renforcement du SKDK et des autres organisations et institutions de Carice, on fait de la formation, recyclage des professeurs, une bibliothèque qui fonctionne, un cybercentre, 36 postes de rassemblement qui devront assurer que l’information, la sensibilisation, l’éducation, les activités arrivent jusqu’au dernier coin, grâce au réseau d’agents facilitateurs. Une troupe de théâtre joue aussi un rôle primordial...

Et il ajoute :

Ce que j’aimerais c’est que le concept de décentralisation soit appliqué cent pour cent, que le Conseil bouge un peu plus vers les postes de rassemblement et que la transparence soit toujours notre devise et d’arriver à définir et rendre opérationnel un plan de développement pour Carice

J’aimerais que tout le monde participe aux activités, aux loisirs, au suivi, et que la compensation au travail et au dévouement soit la vraie voie du développement.

BENEFICIARES DU PROJET

MADAME CALISTÈNE DESAMOURS

Madame Calistène est dans la cinquantaine, elle est veuve et elle a deux fils. Elle travaille la terre, elle fait le commerce du riz, l’huile, savon...La vie est très chère, elle dit, mais heureusement que mes deux fils sont déjà grands.

Madame Calistène est membre active de la coopérative KOPATK (Cooperative pour la plantation et la transformation de canne). La cooperative est encore jeune mais ça a l’air de marcher et d’avoir de tres bonnes perspectives pour l’amélioration des conditions de vie.

Son opinion du SKDK

Le SKDK a fait que tout le monde est un mot commun (pawòl ansanm) en ce qui concerne la vie de notre communauté. Maintenant il y a une grande participation et une vision de futur.

Le SKDK fait de la formation pour faire marcher la coopérative de canne, pour renforcer les instances en vue de bâtir un plan de développement social et economique. La cooperative est membre du SKDK, nous avons choisi les délègues pour representer la cooperative dans l’assemblée du SKDK.

Sur le plan personnel, un de mes enfants, Erile, à travers le SKDK il a bénéficié d’une bourse pour faire un cours d’un an a l’université, à la faculté de sciences sur les réseaux informatiques et c’est lui qui va se charger du cybercentre du SKDK.

On parle de mettre sur pied un plan de développement pour Carice. Nous avons besoin de ça.

BENEFICIAIRE (TROUPE DE THEATRE)

JOSIE AUDATE

JOSIE AUDATE 17 ans, Etudiante, elle passe l’année scolaire à Ouanaminthe, elle rentre souvent à Carice et elle passe tout le temps de congé scolaire dans sa communauté. Membre fondatrice de la troupe de théâtre et danse du SKDK

Josie nous explique.

Grâce à l’appui du SKDK, nous avons formé d’abord une troupe dans le bourg de Carice et après nous avons encouragé des jeunes des sections communales. Maintenant le SKDK a 6 troupes dans différentes sections et habitations .

Notre troupe a 10 filles et 7 garçons. Nous avons reçu de la formation et chaque année nous avons des activités d’encadrement. Beaucoup de jeunes formés, nous avons revalorisé les danses traditionnelles, la culture locale, à travers nos activités il y a des loisirs dans la communauté, nous apprenons à développer nos talents.

Ce qui est très important c’est que, à travers la danse et le théâtre, nous passons les messages sur le développement et les gens comprennent plus facilement ce qu’on veut leur transmettre.

Nous participons activement pour passer des informations dans le domaine de l’éducation, dans les campagnes d’éducation civique.

En plus, tout en encourageant les loisirs dans la communauté, nous questionnons des situations sociales et politiques, nous motivons à la participation, nous passons le message, et nous sommes très fiers de voir comment les gents sont contents et de sentir que le courage et l’engagement augmente.

Nous participons aux fêtes patronales et parfois d’autres communautés et même des organisations étrangères demandent nos services.

BENEFICIAIRE

GENSLY JEAN PIERRE

18 ans, étudiant. Il passe l’année scolaire à la ville du Cap Haïtien. Son carnet de notes est impeccable. Il rentre souvent à Carice, surtout pour les vacances scolaires. Il est membre fondateur du Cercle pour l’épanouissement intellectuel des jeunes de Carice.

Guensly nous explique : Pour les jeunes, les choses ont changé depuis l’existence du SKDK. Malgré que nous aimerions voir plus vite des résultats, la possibilité d’activités de formation et de loisirs a donné de nouvelles perspectives pour les jeunes de notre communauté. Au début je ne voyais pas trop claire ma place et j’étais « en position d’attente ».

Maintenant, quand je rentre à Carice, je me retrouve avec un nombreux groupe de jeunes, la plus part étudiants des ecoles et du lycée de Carice, de Ouanaminthe, Du Cap, de Port-au-prince, et nous discutons et réfléchissons sur nos problèmes et nos rêves. Nous allons essayer d’encourager les autres élèves et étudiants de faire la même chose à Carice, Ouanaminthe, Port au prince, à l’étranger et, a travers l’internet de rester en contact, créer un agenda et échanger nos soucis et points de vue. Nous avons même l’idée de faire un petit bulletin. Nous savons que nous sommes le futur, que nous avons des responsabilités mais nous avons besoin d’appui et des espaces d’encadrement, de loisir propres aux jeunes.

Quand je rentre à nouveau au Cap pour reprendre les études, le groupe d’amis cariciens qui sont, comme moi au Cap, nous continuons les réunions et les activités ensemble visant notre futur et notre place dans notre communauté. Pas question d’envisager notre futur ailleurs si notre communauté nous offre la possibilité.

Nous savons que c’est à nous de construire le futur, mais le SKDK nous donne la possibilité de nous former au niveau social et humain, de découvrir les causes de notre situation et d’avoir un espace d’épanouissement et de loisir.

En plus, il est bien intéressant d’arriver à Carice et de se brancher à l’Internet et d’avoir accès à des livres de la bibliothèque.

J’aimerais que le SKDK se penche davantage sur les attentes des jeunes mais je sais aussi que c’est à nous de proposer et de participer.

Nous avons reçu la visite de deux jeunes étranger qui se sont unis à notre Cercle et qui vont rester en contact à travers l’Internet. Ils se sont engagés à nous appuyer pour la réalisation du bulletin. J’ai senti que Carice n’est pas isolé du monde et que les jeunes nous avons partout les mêmes soucis et rêves, la musique, le sport, l’environnement, l’envie de connaître et de changer ce que la société nous offre. J’ai pu comprendre que la communauté de Carice compte sur moi et que je compte sur ma communauté.

Cependant, ma grande préoccupation reste toujours la possibilité de poursuivre des études universitaires. La situation économique de ma famille, de la communauté et du pays et tres grave. Je sais que j’ai une grande capacité pour les études, mais je ne sais pas si malgré les efforts de mes parents je pourrai y accéder. J’aimerais que le SKDK puisse envisager des possibilités de bourses d’études pour les jeunes que, comme moi, nous sommes des cadres potentiels.

COOPERATIVE AGRICOLE DE TIBURON » KATI »

COMMUNE DE TIBURON de 154 km2 et 28.330 habitants - DEPARTEMENT DU SUD

Action de Carême appuie depuis l’année 2003 la relance de KATI. Une coopérative agricole, fondamentalement caféière, qui a subi une grande crise pendant le coup d’état de 1991. Fondée su une base fondamentalement d’assistance elle n’a pas pu dépasser cette crise. KATI a un grand patrimoine en terres et infrastructure, ses membres - actuellement environ 500 membres actifs - est sur la voie de la relance dans une nouvelle base de vraie coopérative, ce qui donne un grand espoir à cette communauté dans une situation grave d’appauvrissement et de dégradation environnementale.

DIRIGEANT

JULNER BEAUCÉJOUR - Président de la Coopérative

41 ans, marié, 4 enfants. Instituteur de l’école primaire

La Coopérative KATI a été crée par les Pères Oblats en 1976. En 1980 Kati fait partie de l’Union des Coopératives de la Côte Sud (UNICORS). A partir de la crise politique pendant le coup d’Etat de 1991, la majorité des organisations internationales qui donnaient appui à notre coopérative dans le cadre de l’UNICORS ont quitté le pays et à cause de la faiblesse de principes dans lesquels étaient bâties les différentes coopératives, dont KATI, les activités ont été pratiquement paralysées. Il faut dire que pendant cette période, le moulin de mais et de café a continuer à fournir des services et que les membres de la coopérative, malgré notre inactivité, nous avons veillé notre patrimoine (terres, locaux, moulins). Il y a eu des tentatives pour écrasé la coopérative, mais un groupe de membres nous avons décidé de prendre les doléances à coeur et de nous asseoir avec les anciens dirigeants et plusieurs notables de la communauté. La relance de la coopérative est une priorité et un grand espoir, vu l’appauvrissement sans précédents de la communauté. En 2001 nous avons réalisé une assemblée des différents secteurs (géographiques) et nous avons accordé de redresser et relancer KATI. Un autre accord a été la formation d’un Conseil de restructuration et d’un comité de surveillance pour réfléchir sur la stratégie de relance. Nous avons fait appel à une équipe d’experts qui nous ont aidé à faire le diagnostic et c’est ainsi que nous avons vu nos faiblesses et nos potentiels, et quelle serait la stratégie de relance.

C’est dans ce cadre que, en Septembre 2002 nous avons fait appel à l’Action de carême de Suisse pour obtenir un appui pour notre renforcement institutionnel : restructuration de la coopérative pour la rendre démocratique, et transparente (assemblée, statuts, règlement interne etc.) ; formation des dirigeants et des membres ; Développement de contacts avec d’autres organisations et institutions.

En ce moment, et grâce à l’appui de l’AdC, la coopérative est à nouveau sur pied, la charpente est fonctionnelle, nous avons récupéré jusqu’à présent environ 500 membres actifs qui ont payé leur part sociale, les dirigeants et les membres ont franchi une première étape de la formation et nous avons bâti un plan de développement pour 2003-2004, le service de production et de commerce relancé. Nous avons repris les contacts avec d’autres coopératives de l’ancienne Unicors ; nous avons visité le Réseau de Coopératives Caféières du grand Nord (RECOCARNO) avec lequel nous avons établi des rapports et des echanges, ainsi que la Coopérative Sainte Helene de Carice ce qui nous a fait voir que, malgré tou ce qui nous reste à faire, nous sommes sur la bonne voie.

Il faut dire que une nouvelle crise politique avec des impacts profonds sur l’économie déjà très faible et sur le plan social avec des grands conflits. L’impunité avec laquelle ont agi les partisans du gouvernement lavalas, a causé la destruction d’une partie des locaux de la coopérative -que nous sommes en train de reconstruire grâce à un appui additionnel de l’AdC, et sur nos terres. Ce qui nous a crée un retard pour l’atteinte de nos résultats mais que, cette fois-ci, notre base est suffisamment solide pour ne pas faire marche en arrière dans notre objectif. L’assemblée Générale de cette nouvelle étape qui était convoquée en décembre 2003 à dû être reportée et elle est à nouveau convoquée pour le prochain mois de Septembre 2004 où nous allons présenter le nouveau plan de développement sur des bases de futur.

En ce qui concerne les perspectives, nous comptons d’abord sur l’engagement et le dévouement des dirigeants et des membres. Par rapport aux objectifs, nous avons un long chemin à parcourir sur le plan structurel, culturel, économique et social, apprendre à résoudre les conflits qui rongent la vie de la communauté et qui se reflètent dans KATI.

La projection future du projet est basée sur une planification à 5 ans. Le renforcement institutionnel s’avère fondamental, les activités de formation et encadrement doivent se poursuivre. Etant donné que la zone est fondamentalement et potentiellement caféière, nous envisageons lancer avec force la culture du café organique et produire du café lavé, ce qui nous engage davantage à la reforestation et à la promotion de cultures associées comme la banane, le manioc et autres, ainsi que à la revalorisation de nos terres. Nous envisageons d’améliorant et augmenter les activités de transformation, ainsi que le commerce. Une autre activité qui peut améliorer davantage notre situation économique c’est l’élevage.

Pour cela, notre devise est potentialiser au maximum nos ressources humaines et surtout donner une importance prioritaire aux femmes et aux jeunes.

BENEFICIAIRES

CLOFANITA ALEXIS

Clofanita a 51 ans, elle à 6 enfants. Elle est « placée ». Clofanita travaille la terre. Elle a une formation d’autodidacte. Elle a un bon niveau de la langue française.

Elle est propriétaire d’un morceau de terre mais elle est malheureuse parce que le produit de cette terre ne lui donne pas les bénéfices suffisants. Elle a besoin d’encadrement pour mieux produire et protéger la terre et un appui pour estoquer et commercialiser ses produits, dès qu’il y a une grande sécheresse ou une grande pluie elle est complètement dépourvue, les prix des produits changent chaque jour et la vente devient difficile et lourde.

Elle est devenue membre de la coopérative récemment, en mars 2004, parce quélle pense que cela lui donne des avantages au niveau économique et social. Elle est consciente qu’il faut participer et s’engager pour renforcer KATI. Elle croit dans ce système organisationnel qui va donner aux membres la possibilité de progresser.

Elle aimerait que la coopérative s’élargisse davantage pour faire avancer la communauté et le pays.

Elle dit : Nous sommes plusieurs femmes, mais pas beaucoup, j’aimerais qu’il y en aie davantage, dès qu’elles seront conscientes de l’avantage que cela signifie elles en deviendront membres, nous devons les encourager.

BONNECIALE TANIS

Bonneciale, plus connu par le « ti-non jwet » Janmade » a 31 ans et trois enfants. Il n’est pas marié.

Il a étudié comptabilité informatisée et il est professeur de primaire et secondaire dans une école privée à Tiburon.

Il est membre de la coopérative, mais ses activités comme enseignant ne lui permettent pas d’y participer directement. Son père en était membre fondateur et ses frères en sont membres actifs.

Janmade nous explique :

Je crois que c’est un fait tres important pour la communauté que la coopérative soit relancée sur la bonne voie. Petit à petit je vois ressurgir l’espoir que quelque chose va changer au niveau économique et social, il y a des activités de formation pour la bonne gestion de la coopérative comme association et pour améliorer la production, la transformation des produits et la commercialisation, cela va augmenter la qualité de vie de la communauté, les enfants vont grandir sur une autre base et auront accès à l’épanouissement.

Je m’en rappelle de la première époque de KATI et nous sommes conscients des erreurs d’autrefois. Dans cette nouvelle étape, je vois que le Conseil a encore un manque de maturité et on a besoin de plus de ressources humaines et plus qualifiées.

La présence de KATI va nous donner une autre approche pour protéger l’environnement et de solidarité. Il faudra aussi transmettre ce savoir aux écoles et moi, comme enseignant j’ai un rôle important à y jouer.

EQUIPE DE LECTURE COMMUNAUTAIRE DE LA BIBLE - ELKB

Dans le contexte des secteurs les plus appauvris, l’ELKB se donne pour mission de faire de la Bible un outil pour donner de l’espoir et du soutien au peuple pour arriver `à une vie plus humaine. Comme objectifs : Faire une lecture de la bible plus libératrice ; organiser le mouvement biblique haïtien ; donner une formation plus intégrale et solide de la parole de Dieu.

DIRIGEANTE

YVELINE CONSTANT 37 ans, 1 enfant, célibataire

Journaliste. Elle est membre fondateur de l’Equipe (1993). Elle fait partie du Comité National de l’Equipe et elle est Secrétaire de l’’ELKB. En plus, elle fait formation dans différentes zones du pays : Plaisance (Nord) Jacmel (Sud-est) et Port au Prince.

Yveline nous explique l’origine du projet :A partir du problème identifié de lecture superficielle de l’évangile, et comme nous étions en contact avec le Mouvement de L’Amérique Latine et plus concrètement le département oecuménique de recherche et formation dans le domaine social qui existait déjà en République Dominicaine, nous avons suivi un cours intensif de la Bible (6 mois et trois mois) nous avons crée l’ELKB. Notre objectif c’était de étendre cette formation au niveau de tous les Départements du pays. L’Action de Carême Suisse nous a donné l’opportunité de bâtir et réaliser cette formation au niveau national, ainsi que de renforcer l’équipe au niveau de la gestion. En ce moment, le plan de formation est une réalité dans cinq régions : Le Sud, le Sud-Est, le Nord, la Grande Anse et Port au Prince.

Notre objectif est de mettre sur pied un mouvement biblique pour que les gens puissent connaître la parole de Dieu et aider surtout les plus pauvres à bâtir une communauté en mettant la parole de Dieu dans leurs mains, leur tête et leur cœur.

La Bible est notre boussole. Nous essayons de marier la Bible avec la culture du peuple Hatien, son histoire, sa réalité, la vie spirituelle, le contexte. Nous allons en premier aux textes, aux symboles, aux mots clef et nous travaillons avec les couches les plus défavorisées.

A travers les sessions de formation et le travail de suivi, les différents groupes rentrent plus profondément dans leur réalité, se réunissent régulièrement et ont envie de connaître davantage la parole de Dieu, de changer leur réalité, de renforcer la solidarité, le respect, les valeurs.

Nous avons comme perspectives de créer des comités dans tous les départements du pays et créer un réseau biblique. Cela veut dire élargir la formation et les thèmes, élargir l’équipe et le renforcer, démocratiser le fonctionnement.

Au niveau de l’Amérique Latine, nous envisageons élargir nos rapports, apprendre l’espagnol et maintenir les contacts avec REBILAK (réseau œcuménique Biblique Latino-américain) et avec REBIK (Réseau Oecuménique Biblique de la caraïbe)

BENEFICIARES

Nous sommes dans le Centre Social LAKONBIT, à Jacmel, ou setrouve le local et se réunit les vendredis le groupe régional du Sud-Est de l’ELKB.

JEAN MICHEL DELICE

Il a 48 ans, 3 enfants. Marié. Il est professeur de mécanique pour automobiles d’une école professionnelle. Il fait une autre activité : avec un minibus il fait des abonnements pour le transport d’écoliers.

Jean Michel nous explique que depuis 25 ans il milite dans un groupe de l’Eglise catholique et qu’il maintient la foi comme chrétien, ce qui l’a permis de résister une série d’assauts face à la vie. A partir d’une formation de l’ELKB au centre Lakonbit, il est devenu membre fondateur de l’Equipe au Sud-est. Il est membre du comité régional . Il aime beaucoup ce mouvement parce qu’il est branché sur la réalité. Dans les réunions du groupe ils font des commentaires sur les nouvelles pour connaître mieux la situation. « nous ne pouvons pas regarder notre réalité individuellement », dit Jan Michel, il faut bâtir un autre futur. « nous devons nous questionner chaque jour, qu’est-ce que nous avons fait pour la communauté ?

Et il poursuit :

Nous aimerions élargir le mouvement dans tout le département, à travers la lecture communautaire de la Bible aider à bâtir une société ou tout le monde se respecte.

ALEXANDRE JEAN ANDRE

36 ans, marié. Il a 2 enfants. Il n’a pas eu la possibilité pour apprendre une profession. Mais il a eu des formations sur le développement et la gestion. Il coordonne l’organisation ODEMS, une organisation pour le Développement d’une localité de Lafon, à Jacmel. Il travaille dans la Caisse Populaire dans la section de Micro crédits.

En tant que citoyen Haïtien, il est engagé dans la lutte pour le changement. Il est catholique et membre du comité régional de l’ELKB

A travers le mouvement de l’ELKB, nous ne voulons pas rester à genoux, nous voulons suivre ce que dit l’Evangile du Christ. La Bible est un outil pour avancer, par contre, il y a des interprétations de la Bible qui ne tiennent pas compte des pauvres. En lisant la Bible nous comprenons quel est le chemin, comment nous devons agir dans la vie.

La présence de l’ELKB est très importante. Nous voyons la réalité du peuple Haïtien et la Bible nous donne les pistes pour bâtir une société « égal ego ». Dans des moments difficiles, par exemple pendant le coup d’état, nous avions des camarades qui ont du prendre le maquis, mais toute cette situation nous a beaucoup renforcé. Notre groupe marche avec beaucoup de responsabilité et dans un pays sous-développé, nous, les chrétiens, nous devons savoir comment nous comporter, comment agir avec solidarité.